À Charles Spon, le 26 juillet 1658
Note [19]

Johann Rudolf Glauber (Glauberus, Karlstadt 1604-Amsterdam 1668), chimiste allemand, a fait plusieurs découvertes, dont celles du sel de soude (sulfate de soude), purgatif auquel il a donné son nom (sel de Glauber), et de la manière de fabriquer des pierres précieuses artificielles. Il a aussi jeté les fondements de la science qu’on appelle aujourd’hui l’économie politique (G.D.U. xixe s.).

Je n’ai pas cherché dans les livres de Glauber car le chapitre 4 (pages 47 ro‑48 ro) du Premier traité de l’Homme… Roch Le Baillif, {a} De l’extraction de l’âme ou teinture de corail, {b} a satisfait ma curiosité, avec cette conclusion sur ladite teinture :

« Elle se peut conserver avec fort peu d’esprit de vin et être administrée avec eau de pivoine mâle au mâle, et de femelle pour être remède à la femelle l’épilepsie, ou mal caduc, {c} et autres maladies ci-devant en l’épître récitées, {d} et à chacune avec convenable conducteur. » {e}


  1. Paris, 1580, v. note [18], lettre 408.

  2. V. note [11], lettre 393, pour le corail et un avis favorable de Jean Fernel sur son emploi pharmaceutique.

  3. La pivoine était réputée antiépileptique (v. note [5], lettre 796), mais j’entends mal tout ce charabia, qui paraît distinguer des maladies mâles et femelles (comme l’épilepsie).

  4. Avec ces douteux propos sur le corail (pages [A iiii] ro‑vo) :

    « Et poursuivant, il se trouve que le foie et son membre moins noble, régi et nourri par lui, qui est le sang et ses veines, et préservé de squirre {i} et obstruction, et par conséquent, des fièvres, phtisie, hydropisie, ulcères et jaunisse, de la goutte et hémorroïdes et tout flux de sang, par l’usage de la teinture ou âme du corail. Et où le mal serait présent, il est par ce moyen déchassé, et les forces remises en leur premier état.

    Voilà comme du sang artériel et veineux, desquels toutes les autres parties du corps sont nourries et entretenues, la pureté est conservée et l’impureté chassée, voie certainement retenue et cherchée pour la longueur de la vie ; et durant icelle, pour la conservation de la santé.

    C’est le Soda de l’Égyptien philosophe. » {ii}

    1. Cirrhose.

    2. Hermès Trismégiste, v. note [9], lettre de Thomas Bartholin, datée du 18 octobre 1662 : soit de quoi amplement dégoûter Guy Patin.
  5. Prescripteur.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 26 juillet 1658. Note 19

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(Consulté le 05.02.2023)

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